Les moustiques sont-ils dangereux pour les chats ?

Françoise, auteure du blog Chat fait du bien

Publié par Chat fait du bien !

On 25 février 2020
Moustique tigre aux pattes rayées de blanc et de noir, posé sur la peau

Oui, les moustiques piquent les chats. Le pelage les gêne, mais les zones peu couvertes (le nez, le pourtour des oreilles, le ventre) restent accessibles, et une piqûre y provoque la même petite réaction que chez nous : une boursouflure, des démangeaisons, parfois un léger œdème. Dans l’immense majorité des cas, cela passe seul en quelques heures. Le vrai sujet est ailleurs : dans le sud de la France, le moustique transmet au chat un parasite contre lequel il n’existe aucun traitement une fois installé.

L’essentiel

  • Les piqûres elles-mêmes sont bénignes chez le chat : démangeaisons, petite bosse, ça part tout seul.
  • Le risque sérieux est la dirofilariose, ou « ver du cœur », transmise uniquement par la piqûre d’un moustique.
  • Elle est nettement plus rare chez le chat que chez le chien, mais elle ne se soigne pas : chez le chat, on ne peut que la prévenir.
  • Le risque est géographique. Il concerne le sud de la France, pas l’ensemble du territoire.
  • Un vermifuge classique ne protège pas contre elle : la prévention passe par un produit spécifique prescrit par le vétérinaire.
  • Danger le plus fréquent en pratique : les antimoustiques pour chien à base de perméthrine, toxiques pour le chat, y compris s’il se contente de toiletter un chien traité.

Pourquoi votre chat se fait piquer sans que vous le voyiez

Le moustique repère un hôte à son gaz carbonique, à sa chaleur et à son odeur. Un chat coche les trois cases. Son pelage constitue une barrière mécanique réelle, ce qui explique qu’on observe rarement de piqûre franche sur le dos ou les flancs, mais il laisse découvertes les zones fines : la truffe, l’intérieur et le bord des oreilles, les paupières, l’aine.

Sur ces zones, la réaction ressemble à la nôtre : un point rouge légèrement gonflé, qui démange. Le chat se gratte, se frotte, et la lésion disparaît d’elle-même. Ce qui doit attirer l’attention n’est pas la piqûre, c’est ce qui ne rentre pas dans ce schéma : un gonflement qui s’étend, une plaie qui s’infecte à force de grattage, ou une réaction sur tout le corps.

En France, l’espèce que l’on croise le plus souvent au jardin est désormais le moustique tigre (Aedes albopictus), reconnaissable à ses rayures noires et blanches. Il pique de jour, contrairement au moustique commun, et sa présence est signalée dans une douzaine de pays européens dont la France, d’après l’ESCCAP. Cela change les habitudes du propriétaire plus que le risque pour le chat : un chat qui somnole sur la terrasse l’après-midi est exposé.

Le ver du cœur, seul risque réellement sérieux

La dirofilariose cardiopulmonaire est due à un ver parasite, Dirofilaria immitis. Le moustique prélève des larves sur un animal déjà infesté, le plus souvent un chien, puis les dépose chez l’animal suivant qu’il pique. C’est la seule voie d’entrée : un chat ne peut pas l’attraper par contact avec un autre animal, ni par sa gamelle.

Le chat est un hôte peu adapté à ce parasite, et cela se lit dans tous les chiffres. D’après l’ESCCAP, la fréquence de la maladie dans les zones à risque est dix fois plus faible chez le chat que chez le chien, les vers adultes présents dans la circulation ne sont que deux à quatre, et ils y survivent deux ans au maximum, contre cinq à sept ans chez le chien. Le développement jusqu’au stade adulte demande environ huit mois, indique le Cornell Feline Health Center.

  Chez le chien Chez le chat
Fréquence en zone à risque Référence 10 fois plus faible
Nombre de vers adultes Souvent nombreux 2 à 4
Survie des vers adultes 5 à 7 ans 2 ans au maximum
Traitement de l’infestation Existe Aucun, et les produits du chien peuvent être mortels

Ces chiffres sont rassurants sur la probabilité, beaucoup moins sur les conséquences, et c’est tout le paradoxe de cette maladie chez le chat.

Pourquoi si peu de vers font autant de dégâts

Chez le chien, le parasite s’installe et la maladie est d’abord cardiaque. Chez le chat, l’essentiel se joue dans les poumons : la mort des vers immatures y déclenche une réaction inflammatoire violente. Les vétérinaires ont donné un nom à ce tableau, le heartworm associated respiratory disease, ou HARD, précisément pour souligner que chez le chat la maladie est pulmonaire avant d’être cardiaque.

Les signes rapportés par l’ESCCAP sont la toux, des difficultés respiratoires, un saignement pulmonaire, et parfois une mort subite par formation d’un caillot. Il existe aussi une forme d’évolution plus lente, qui associe toux, diarrhée, vomissements et perte de poids. Rien dans cette liste n’est spécifique : c’est exactement ce qui rend le diagnostic difficile, et pourquoi un chat qui tousse depuis des semaines dans une région concernée mérite qu’on pose la question au vétérinaire.

Le point que peu d’articles précisent : il n’y a pas de traitement

Le Cornell Feline Health Center est explicite : contrairement au chien, la dirofilariose du chat n’est pas traitable, et les substances utilisées couramment pour débarrasser un chien de l’infestation peuvent être fatales à un chat. La prise en charge consiste à accompagner l’animal et à traiter les symptômes en attendant que les vers meurent d’eux-mêmes.

C’est ce qui justifie la prévention là où le parasite circule, et c’est aussi ce qui interdit formellement de donner à un chat le comprimé prévu pour le chien de la maison.

Une deuxième dirofilariose, cutanée celle-là

Le même moustique peut transmettre un parasite cousin, Dirofilaria repens, responsable d’une dirofilariose cutanée du chien et du chat, selon l’ESCCAP. Elle n’a rien à voir avec la précédente : le ver reste sous la peau et provoque des nodules, sans atteinte du cœur ni des poumons. La confusion est fréquente parce que les deux maladies portent presque le même nom.

Où le risque existe vraiment

La dirofilariose n’est pas répartie uniformément. L’ESCCAP situe la zone d’endémie dans l’Europe du Sud : Portugal, Espagne et îles Canaries, sud de la France, Italie, pays des Balkans, Grèce, République tchèque, Bulgarie, Roumanie, ainsi que l’Afrique du Nord et les territoires français d’outre-mer.

Concrètement, un chat qui vit à Lille et n’en bouge pas n’est pas dans la même situation qu’un chat qui vit à Perpignan, ou qu’un chat emmené en vacances dans le Sud au mois d’août. Le déplacement compte autant que le domicile, et c’est souvent l’angle mort du propriétaire.

Le danger le plus fréquent est dans votre armoire, pas dans le jardin

En pratique quotidienne, le chat court un risque bien plus élevé de se retrouver intoxiqué par un antimoustique que par un moustique. La molécule en cause est la perméthrine, largement utilisée dans les répulsifs et antiparasitaires pour chien.

Le chat ne la métabolise pas correctement : d’après l’American Association of Feline Practitioners, son foie n’assure pas suffisamment la glucuronoconjugaison de la perméthrine, qui s’accumule donc à des concentrations élevées. Les produits destinés au chien en contiennent 45 à 60 %, quand les rares produits formulés pour le chat en contiennent moins de 0,1 %. L’écart n’est pas une nuance de dosage, c’est un ordre de grandeur.

Les signes rapportés vont de l’agitation et de l’hypersalivation aux spasmes musculaires, aux convulsions et à la mort. Et surtout, la même source documente une voie d’exposition à laquelle presque personne ne pense : le chat qui toilette un chien fraîchement traité. Il n’a rien reçu lui-même, il a simplement léché son compagnon.

Situation Ce qu’il faut faire
Vous avez appliqué par erreur un produit chien sur le chat Appeler immédiatement un vétérinaire. Ne pas attendre l’apparition des signes.
Le chat vit avec un chien traité à la perméthrine Les séparer le temps que le produit sèche complètement, selon la notice.
Le chat tremble, bave ou convulse après un contact Urgence vétérinaire. Emporter l’emballage du produit.
Vous cherchez un répulsif pour le chat Le demander au vétérinaire. Aucun produit chien ne se transpose au chat.

Si votre chat présente des tremblements inexpliqués ou une salivation anormale, l’exposition à un antiparasitaire fait partie des premières questions que posera le vétérinaire.

Ce qui protège, et ce qui ne sert à rien

Mesure Utile ? Précision
Préventif prescrit par le vétérinaire Oui, en zone concernée L’ESCCAP recommande un traitement mensuel de mai à novembre en région d’endémie, ou pendant le séjour puis une dose au retour en cas de voyage.
Vermifuge classique Non Un vermifuge de routine ne cible pas ce parasite. C’est une confusion répandue.
Supprimer les eaux stagnantes Oui Coupelles, gouttières, arrosoirs, soucoupes de pots. C’est là que les larves se développent.
Moustiquaires aux fenêtres Oui Simple et sans risque pour l’animal.
Répulsif humain ou produit chien Non, dangereux Perméthrine et pyréthrinoïdes : jamais sur un chat.
Huiles essentielles répulsives Non, dangereux Le chat les métabolise mal et se les ingère en se léchant.
Bicarbonate ou remède maison sur la piqûre Sans intérêt Le chat lèche tout ce qu’on lui applique. Une piqûre simple guérit seule.

Le réflexe le plus efficace reste le plus ennuyeux : vider ce qui retient l’eau autour de la maison. Un fond de soucoupe suffit à une ponte.

Questions fréquentes

Les chats se font-ils piquer par les moustiques ?

Oui. Le pelage limite les piqûres mais ne les empêche pas, en particulier sur la truffe, les oreilles, les paupières et le ventre. La réaction est la même que chez l’humain : une petite bosse qui démange et disparaît seule.

Une piqûre de moustique est-elle dangereuse pour un chat ?

La piqûre en elle-même, non. Ce qui peut l’être, c’est ce que le moustique transporte, en particulier le ver du cœur dans le sud de la France. Consultez si la zone gonfle beaucoup, s’infecte, ou si le chat réagit sur tout le corps.

Puis-je mettre un antimoustique sur mon chat ?

Pas sans avis vétérinaire, et jamais un produit prévu pour le chien ou pour l’humain. Les antimoustiques pour chien contiennent 45 à 60 % de perméthrine, une molécule que le chat ne métabolise pas et qui peut le tuer.

Mon chat vit en appartement, est-il concerné ?

Le risque est plus faible mais pas nul : un moustique entre par une fenêtre ouverte. Sur un chat strictement d’intérieur en dehors des zones d’endémie, la question du préventif ne se pose pas ; en région concernée ou avant un séjour dans le Sud, elle se pose au vétérinaire.

Comment savoir si mon chat a le ver du cœur ?

Aucun signe ne permet de l’affirmer à la maison. Une toux persistante, une gêne respiratoire, des vomissements ou un amaigrissement inexpliqué chez un chat vivant dans une zone à risque justifient une consultation : seul le vétérinaire peut faire le dépistage.

Françoise

Françoise

Passionnée des animaux

Amoureuse inconditionnelle des chats et des animaux en général. Depuis plusieurs années, je vous partage ma passion et mes connaissances à travers ce blog dédié à nos amis félins.

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