La cortisone est un médicament couramment utilisé pour traiter divers problèmes de santé chez nos amis félins. Cependant, son utilisation peut également entrainer des effets secondaires à prendre en compte. Dans cet article, nous aborderons tout ce que vous devez savoir sur les effets de la cortisone sur les chats, des traitements aux précautions à prendre, en passant par les conseils pour minimiser ces effets indésirables.
L’essentiel
- La cortisone est un corticoïde prescrit par le vétérinaire pour ses effets anti-inflammatoires et immunosuppresseurs (allergies, asthme, dermatite, maladies auto-immunes).
- Effets secondaires fréquents : soif et urines plus abondantes, appétit modifié, fatigue, changements de comportement. Sur le long terme : risque de diabète, d’infections et de fonte musculaire.
- Elle n’abrège pas la vie du chat : c’est la maladie traitée qui fixe le pronostic. Sur le lymphome digestif de bas grade, l’indication prolongée la plus fréquente, la survie médiane sous corticoïde associé au chlorambucil est de 1 317 jours (Pope et coll., 2015).
- Elle agit vite : souvent en quelques heures en injection, en un à deux jours par voie orale.
- Ne jamais arrêter brutalement un traitement prolongé : l’arrêt doit être progressif, sur prescription vétérinaire.
- La cortisone n’abrège pas la vie du chat en elle-même : le pronostic dépend surtout de la maladie pour laquelle elle est prescrite.
- Au moindre doute (chat qui ne mange plus, abattement marqué), parlez-en à votre vétérinaire plutôt que d’ajuster la dose vous-même.
Comment agit un corticoïde chez le chat ?
La cortisone est une hormone stéroïdienne produite naturellement par les glandes surrénales, jouant un rôle important dans la régulation du métabolisme, de la réponse immunitaire et de la gestion du stress chez les animaux. Dans le cas des chats, elle est souvent prescrite en tant que médicament sous forme synthétique pour traiter divers problèmes de santé, tels que les inflammations, les démangeaisons cutanées et les allergies.
L’un des principaux avantages de la cortisone réside dans ses propriétés anti-inflammatoires et immunosuppressives. Ceci permet d’atténuer les symptômes associés à diverses affections, améliorant ainsi le confort et la qualité de vie du chat.
Par exemple, un chat souffrant d’une dermatite allergique peut voir ses démangeaisons et rougeurs considérablement réduites grâce à l’administration de cortisone.
Quels effets indésirables surveiller ?
Malgré leurs bienfaits, les traitements à base de cortisone peuvent également entraîner plusieurs effets secondaires chez les chats. Ces effets indésirables sont généralement liés à la dose administrée et à la durée du traitement. Parmi eux figurent la diminution de l’appétit, la soif excessive, les problèmes urinaires, l’affaiblissement du système immunitaire et, dans certains cas, le diabète.
Les chats sous traitement à base de cortisone peuvent perdre leur appétit et ne pas manger suffisamment, ce qui peut entraîner une perte de poids et une carence nutritionnelle. Ils peuvent également avoir une soif extrême, boire beaucoup d’eau et uriner plus souvent que d’habitude.
Il est important pour les propriétaires de chats de surveiller attentivement les changements dans le comportement alimentaire, la soif et les habitudes urinaires de leur chat pendant le traitement à base de cortisone.
Si ces symptômes se produisent, il est recommandé de consulter un vétérinaire pour ajuster la posologie ou le traitement.
Comprimés, injection, voie locale : quelle forme pour quel usage ?
Il existe plusieurs formes de cortisone pour les chats, chacune ayant des avantages et des inconvénients. Les injections de cortisone sont souvent privilégiées pour les chats qui ont besoin d’un soulagement rapide de la douleur ou de l’inflammation.
Les pilules ou comprimés de cortisone sont une autre forme courante de traitement chez les chats. Ils peuvent être utilisés pour traiter des conditions à long terme telles que l’arthrite, l’asthme et les allergies.
| Forme de cortisone | Délai d’action | Usage typique |
|---|---|---|
| Injection classique | Quelques heures | Soulagement rapide (crise d’asthme, forte inflammation) |
| Injection retard | Quelques heures, effet prolongé sur plusieurs semaines | Quand l’administration orale est difficile |
| Comprimé oral | 1 à 2 jours | Traitement de fond (dermatite, allergies, affections chroniques) |
Cependant, l’utilisation prolongée de ces comprimés peut également entraîner des effets secondaires importants tels qu’une augmentation de la soif et de l’urination, ainsi que des problèmes gastro-intestinaux.
Que se passe-t-il sur un traitement au long cours ?
L’administration prolongée peut entraîner des conséquences graves pour les chats. Les effets secondaires peuvent inclure une diminution de la fonction immunitaire, une augmentation du risque d’infections, une perte de masse musculaire, une augmentation du risque d’ulcères gastro-intestinaux et une augmentation du risque de diabète.
La cortisone peut également perturber les niveaux hormonaux chez les chats, ce qui peut causer des problèmes de comportement tels que l’anxiété, la léthargie et l’agressivité.
Prednisolone, prednisone, injection retard : lire l’ordonnance
« Cortisone » est un mot du quotidien, pas un nom de médicament. Sur l’ordonnance figure une molécule précise, et ce choix change concrètement ce qui va se passer : le délai d’action, la durée de l’effet et la surveillance à prévoir.
Chez le chat, prednisolone et prednisone ne se valent pas
C’est le point le moins connu des propriétaires, et probablement le plus utile. La prednisone est un précurseur : pour agir, l’organisme doit d’abord la transformer en prednisolone. Le chat fait mal cette conversion. Une étude publiée dans Research in Veterinary Science a mesuré, à dose orale identique, une concentration plasmatique environ quatre fois plus élevée avec la prednisolone qu’avec la prednisone. Le commentaire clinique qui l’accompagne est sans ambiguïté : la prednisolone doit être utilisée chez le chat, et si de la prednisone est prescrite, le chat sera significativement sous-dosé par rapport à l’intention thérapeutique.
Ce n’est pas une raison pour modifier un traitement de sa propre initiative, encore moins pour l’interrompre. C’est en revanche une question légitime à poser à son vétérinaire si l’ordonnance mentionne de la prednisone.
Un chat en surpoids ne reçoit pas la même dose réelle
La même équipe a observé une concentration plasmatique environ deux fois plus élevée chez les chats en surpoids que chez les chats de corpulence normale, à dose rapportée au poids identique. D’où l’intérêt de raisonner sur le poids de forme plutôt que sur le chiffre affiché par la balance. Là encore, c’est le vétérinaire qui tranche.
Combien de temps dure une injection retard ?
C’est la question qui revient le plus souvent au retour de consultation. La forme injectable à libération prolongée la plus utilisée chez le chat est l’acétate de méthylprednisolone. Son effet ne se compte pas en heures mais en semaines : l’ordre de grandeur rapporté est de trois à quatre semaines, avec de vraies variations d’un chat à l’autre. C’est ce qui explique qu’un chat soulagé le lendemain de sa piqûre voie ses symptômes revenir un mois plus tard sans que rien n’ait échoué.
| Forme | Ce qu’on lit sur l’ordonnance | Combien de temps l’effet dure |
|---|---|---|
| Comprimés | prednisolone (à préférer à la prednisone chez le chat) | tant que le traitement est poursuivi, à la dose fixée par le vétérinaire |
| Injection à libération prolongée | acétate de méthylprednisolone | de l’ordre de trois à quatre semaines |
| Voie locale (collyre, pommade, inhalateur) | selon la zone traitée | action ciblée sur la zone, passage général réduit |
Comment limiter les effets indésirables ?
Lorsque votre chat nécessite un traitement à base de cortisone, il est essentiel d’utiliser la dose minimale efficace. Cela signifie que votre vétérinaire doit prescrire la quantité de cortisone requise pour soulager les symptômes de votre chat, sans en administrer plus que nécessaire.
Votre vétérinaire surveillera également votre chat pendant le traitement, ajustant la dose si nécessaire pour garantir qu’elle reste à un niveau sûr et efficace. Il est important de ne pas ajuster ou arrêter le traitement sans l’avis de votre vétérinaire, car cela peut entraîner des complications dangereuses pour la santé de votre chat.
Ensuite, il est très important de surveiller les effets secondaires chez votre chat lorsque vous lui administrez de la cortisone. Le fait d’effectuer cette surveillance étroite par rapport aux effets secondaires peut aider à prévenir les complications liées à l’utilisation prolongée de la cortisone chez les chats. Soyez toujours vigilant et n’hésitez pas à consulter un professionnel si vous avez des préoccupations concernant la santé de votre compagnon félin.
Au bout de combien de temps le traitement fait-il effet ?
La cortisone agit rapidement. En injection, le soulagement de l’inflammation ou des démangeaisons est souvent visible en quelques heures. Par voie orale (comprimés), l’effet s’installe généralement en un à deux jours. La durée d’action dépend de la molécule utilisée et de la forme : certaines injections dites retard agissent pendant plusieurs semaines, tandis que les comprimés se donnent souvent chaque jour, à heure régulière. C’est votre vétérinaire qui fixe la dose, la fréquence et le moment de prise les mieux adaptés à votre chat.
Cortisone et espérance de vie du chat : faut-il s’inquiéter ?
C’est une question fréquente, et la réponse mérite d’être nuancée. La cortisone, prise sous contrôle vétérinaire, n’abrège pas la vie du chat. Si elle est souvent associée à des situations difficiles, c’est parce qu’elle est fréquemment prescrite pour des maladies sérieuses : certains cancers, maladies inflammatoires chroniques, affections auto-immunes. Dans ces cas, le pronostic dépend de la maladie sous-jacente, pas du médicament lui-même.
Bien utilisée, la cortisone améliore au contraire le confort et la qualité de vie du chat en réduisant la douleur, l’inflammation ou les démangeaisons. Le rôle du propriétaire est de respecter la prescription, de surveiller les effets secondaires et de maintenir un suivi régulier avec le vétérinaire, qui ajuste le traitement dans le temps.
Le pronostic dépend de la maladie, pas du médicament : l’exemple du lymphome digestif
Dire que le pronostic dépend de la maladie sous-jacente est exact, mais laisse le propriétaire sans aucun repère. Autant donner un ordre de grandeur sur l’indication la plus fréquente d’un traitement corticoïde prolongé chez le chat : le lymphome digestif à petites cellules, aussi appelé lymphome de bas grade.
Une étude rétrospective publiée en 2015 dans Veterinary Medicine and Science a repris les dossiers de 56 chats atteints de cette forme, tous traités par l’association d’un corticoïde et de chlorambucil. La survie médiane globale a été de 1 317 jours, soit environ trois ans et demi, avec un taux de réponse de 85,7 %. Pour les chats dont la maladie restait limitée au tube digestif, la médiane était de 1 148 jours.
Trois précisions comptent autant que le chiffre. D’abord, il s’agit d’une association : le corticoïde y est combiné à une chimiothérapie orale, ce n’est pas un résultat obtenu avec un corticoïde seul. Ensuite, cette médiane vaut pour la forme à petites cellules : le lymphome à grandes cellules, bien plus agressif, a un pronostic nettement plus court. Enfin, une médiane signifie que la moitié des chats a vécu plus longtemps et l’autre moitié moins ; ce n’est pas une promesse individuelle.
Ce que ce chiffre change en pratique : un chat placé sous corticoïde au long cours pour un lymphome de bas grade n’est pas un chat en fin de vie. La conduite du traitement se discute avec votre vétérinaire, si possible en lien avec un service d’oncologie.
Ce que disent les chiffres sur le diabète et le cœur
Deux complications inquiètent particulièrement : le diabète et l’insuffisance cardiaque. Elles sont réelles, et pourtant elles sont presque toujours évoquées sans le moindre chiffre. Une étude rétrospective publiée en 2023 dans The Canadian Veterinary Journal a repris les dossiers de 1 042 chats d’une clinique féline sur près de treize ans, dont 732 avaient reçu de l’acétate de méthylprednisolone à doses non immunosuppressives. Résultat : 28 chats sur 732 ont développé un diabète induit, soit 3,83 %, et 6 sur 732 une insuffisance cardiaque congestive, soit 0,82 %. Les auteurs concluent que le risque n’était pas augmenté même lorsque des doses répétées étaient administrées.
Ce chiffre porte toutefois sur des injections d’acétate de méthylprednisolone. Or la plupart des chats traités au long cours reçoivent de la prednisolone par voie orale, et le risque n’y est pas le même. Une étude de cohorte publiée en 2021 dans le Journal of Feline Medicine and Surgery a suivi 143 chats recevant au moins 1,9 mg/kg par jour pendant trois semaines ou plus : 14 d’entre eux, soit 9,8 %, ont développé un diabète induit. Utile pour la surveillance, 12 de ces 14 cas ont été diagnostiqués dans les trois premiers mois de traitement. La molécule, la dose et la voie d’administration ne portent donc pas le même risque, et ce sont les premiers mois d’un traitement oral à forte dose qui méritent le plus d’attention.
Un chiffre mérite d’être lu avec attention : dans le groupe témoin de 310 chats n’ayant pas reçu ce traitement, les taux observés sur la même période étaient de 7,10 % pour le diabète et de 1,90 % pour l’insuffisance cardiaque, donc plus élevés que dans le groupe traité. Cela ne démontre pas que la cortisone protégerait de quoi que ce soit : il s’agit d’une étude rétrospective menée dans une seule clinique, et les deux groupes ne sont pas comparables en tout point. Cela situe en revanche l’ordre de grandeur du risque, là où le sujet se discute d’ordinaire sans aucune donnée.
La surveillance reste justifiée. Une soif et des urines en forte augmentation qui s’installent dans la durée sont le signal à rapporter au vétérinaire : ce sont aussi les premiers signes d’un diabète.
Mon chat sous cortisone ne mange plus : que faire ?
Une modification de l’appétit fait partie des effets possibles de la cortisone : certains chats mangent davantage, d’autres se détournent de leur gamelle. Un chat qui ne mange plus du tout pendant plus de 24 heures ne doit jamais être laissé sans avis vétérinaire, car le jeûne est dangereux pour son foie. Proposez-lui une nourriture appétente et tiède, et contactez votre vétérinaire : il vérifiera s’il s’agit d’un effet secondaire à corriger ou d’un signe lié à la maladie traitée. Pour aller plus loin, voyez nos conseils si votre chat ne mange pas.
La cortisone change-t-elle le comportement du chat ?
C’est une question fréquente des propriétaires, et elle est légitime : un chat sous corticoïdes peut effectivement sembler différent, sans que cela traduise un changement de caractère. L’essentiel de ce que vous observez découle des effets connus du traitement sur l’organisme, pas d’une transformation de l’animal.
Les trois plus visibles vont ensemble : le chat boit davantage, urine davantage et réclame plus souvent à manger. Un chat qui passe ses journées près de la gamelle d’eau, qui remplit sa litière plus que d’habitude ou qui devient insistant au moment des repas ne fait pas un caprice, il réagit au traitement. Ces effets sont dose-dépendants et régressent en général quand la dose diminue.
Une léthargie ou au contraire une agitation inhabituelle sont également rapportées. Ce qui compte, c’est de distinguer ce qui relève du médicament de ce qui relève de la maladie traitée : un chat douloureux ou fiévreux se cache et s’isole, lui aussi. Deux repères pratiques : notez ce que vous observez, avec les dates, et ne modifiez jamais la dose de vous-même pour tenter de corriger un comportement. Le réglage de la dose minimale efficace appartient au vétérinaire, et un arrêt brutal expose à un problème bien plus sérieux que l’inconfort que vous cherchez à faire cesser.
Signalez en revanche sans attendre un chat qui boit de façon vraiment excessive, qui maigrit malgré un appétit augmenté, ou dont l’état général se dégrade : ces signes justifient un contrôle, notamment parce que les corticoïdes au long cours peuvent favoriser un diabète chez le chat.
Peut-on arrêter le traitement du jour au lendemain ?
Non. Après un traitement prolongé, l’organisme du chat réduit sa propre production de cortisol : arrêter brutalement la cortisone peut provoquer de graves complications. L’arrêt se fait toujours de façon progressive, en diminuant les doses selon le schéma fixé par votre vétérinaire. Ne modifiez jamais seul la dose ou le rythme, même si votre chat semble aller mieux. Des troubles digestifs comme une diarrhée peuvent aussi accompagner le traitement : signalez-les à votre vétérinaire.
Existe-t-il des alternatives aux corticoïdes chez le chat ?
C’est une question qui revient souvent après quelques mois de traitement. La réponse honnête est qu’aucun produit ne remplace les corticoïdes dans toutes les situations. Ce qui existe, ce sont des solutions propres à chaque maladie, et deux façons de réduire l’exposition de votre chat sans renoncer à l’efficacité : changer la voie d’administration, ou changer de famille de médicament. Dans les deux cas, la décision revient au vétérinaire qui suit votre chat.
Changer la voie : le traitement inhalé pour l’asthme félin
Chez un chat asthmatique, le médicament peut être délivré directement dans les voies respiratoires, avec un inhalateur-doseur, une chambre d’inhalation et un petit masque. L’idée est simple : agir là où se trouve l’inflammation, et limiter ce qui passe dans le sang.
Une étude en aveugle et randomisée publiée en 2010 dans le Journal of Feline Medicine and Surgery a testé trois doses de fluticasone inhalée (44, 110 et 220 µg toutes les 12 heures). L’inflammation à éosinophiles des voies aériennes a reculé de 74 %, 82 % et 81 % selon la dose, sans différence entre les trois doses. Et aucun de ces schémas n’a entraîné de freinage de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, c’est-à-dire précisément l’effet général que l’on cherche à éviter.
Une précision s’impose, car elle change la portée du résultat : l’étude porte sur un modèle expérimental d’inflammation induite, et ses auteurs concluent que la dose de 44 µg deux fois par jour « devrait être évaluée » chez des chats atteints d’une maladie bronchique naturelle. La voie inhalée est donc une piste sérieuse et documentée, pas une équivalence démontrée en conditions réelles. Elle demande aussi de la patience : tous les chats n’acceptent pas le masque du premier coup. Si votre chat tousse ou respire mal, notre article sur l’asthme du chat détaille les signes qui doivent alerter.
Changer de famille : la ciclosporine pour la dermatite allergique
Quand le problème est une allergie de peau qui s’installe, il existe en France un médicament autorisé chez le chat qui n’appartient pas à la famille des corticoïdes : la ciclosporine. L’Agence nationale du médicament vétérinaire l’a autorisée sous le nom d’Atopica (solution buvable à 100 mg/ml, titulaire Elanco, AMM FR/V/6460644 4/2011 délivrée le 6 juillet 2011), avec une indication précise : « Traitement symptomatique de la dermatite allergique chronique chez le chat ».
En pratique, le traitement démarre à 7 mg par kilo et par jour. L’amélioration clinique apparaît en général au bout de 4 à 8 semaines, après quoi le vétérinaire espace les prises : un jour sur deux, puis tous les 3 à 4 jours. Une perte de poils localisée qui accompagne des démangeaisons fait partie des motifs qui amènent à en discuter.
Ce n’est pas pour autant un produit plus doux. La ciclosporine est un immunosuppresseur, et son résumé officiel pose des limites nettes : elle ne doit pas être utilisée chez un chat infecté par le FeLV ou le FIV, aucun vaccin vivant ne doit être administré pendant le traitement ni dans les deux semaines qui l’encadrent, son efficacité et sa sécurité n’ont pas été évaluées chez le chat de moins de 6 mois, et une surveillance du poids est recommandée en raison du risque d’anorexie. Passer d’un corticoïde à la ciclosporine, c’est donc changer de contraintes, pas les faire disparaître.
| Situation | Piste à discuter avec le vétérinaire | Ce qu’elle change |
|---|---|---|
| Asthme félin | Corticoïde inhalé (fluticasone) | Action locale, exposition générale réduite ; demande un masque et de l’habitude |
| Dermatite allergique chronique | Ciclosporine, autorisée chez le chat | Sort de la famille des corticoïdes, mais reste un immunosuppresseur encadré |
| Autre maladie inflammatoire ou tumorale | Dépend entièrement du diagnostic | Pas de règle générale : c’est le bilan qui oriente le choix |
Un dernier point, qui compte davantage que le choix de la molécule : ne remplacez jamais un corticoïde de votre propre initiative et n’interrompez pas un traitement en cours pour essayer autre chose. Les compléments vendus sans ordonnance ne disposent d’aucune autorisation pour ces indications chez le chat, et un arrêt brutal expose aux complications décrites plus haut.
Conclusion
En conclusion, il est important de comprendre les effets de la cortisone sur les chats afin de prendre soin de leur santé. Bien que la cortisone puisse être un traitement efficace pour réduire l’inflammation et soulager la douleur, elle peut également avoir des effets secondaires nocifs. De ce fait, il est essentiel de surveiller attentivement votre chat pendant le traitement à la cortisone, en notant tout changement de comportement ou d’appétit, et de discuter avec votre vétérinaire de toute préoccupation.
Questions fréquentes
Au bout de combien de temps la cortisone agit-elle chez le chat ?
Souvent en quelques heures en injection, et en un à deux jours par voie orale. La durée d’action varie selon la molécule : certaines injections retard agissent plusieurs semaines.
Quels sont les effets secondaires les plus fréquents ?
Les plus courants sont une soif et des urines plus abondantes, un appétit modifié, de la fatigue et des changements de comportement. Sur le long terme, le risque de diabète, d’infections et de fonte musculaire augmente, d’où l’importance d’un suivi vétérinaire.
Le traitement raccourcit-il la vie du chat ?
Non, pas en elle-même. Elle est souvent prescrite pour des maladies graves, et c’est la maladie sous-jacente qui détermine le pronostic. Bien suivie, la cortisone améliore le confort de vie du chat.
Combien de temps dure l’effet d’une injection ?
Pour une injection à libération prolongée d’acétate de méthylprednisolone, l’ordre de grandeur rapporté est de trois à quatre semaines, avec des variations d’un chat à l’autre. Le soulagement, lui, est souvent perçu dès les premières heures.
Mon chat sous cortisone ne mange plus, est-ce grave ?
Un appétit modifié est fréquent, mais un chat qui ne mange plus du tout pendant plus de 24 heures doit être vu par un vétérinaire, car le jeûne est dangereux pour lui.
Peut-on arrêter le traitement d’un coup ?
Non. Après un traitement prolongé, l’arrêt doit être progressif, sur prescription vétérinaire. Un arrêt brutal peut entraîner de graves complications.
Existe-t-il un traitement qui remplace la cortisone chez le chat ?
Cela dépend de la maladie traitée, et aucun produit ne la remplace dans toutes les situations. Pour l’asthme, la voie inhalée permet d’agir sur les bronches en limitant le passage dans le sang. Pour une dermatite allergique chronique, la ciclosporine est autorisée chez le chat en France. Ces choix reviennent au vétérinaire : ne changez jamais de traitement seul.
Sources
- Manuel Vétérinaire MSD, « Corticostéroïdes chez l’animal »
- MSD Veterinary Manual, « Troubles digestifs du chat »
- Center SA, Randolph JF, Warner KL et coll., « Influence of body condition on plasma prednisolone and prednisone concentrations in clinically healthy cats after single oral dose administration », Research in Veterinary Science, 2013, vol. 95, p. 225-230
- Dutch WA, Norsworthy GD, Mayfield MR et coll., « Incidences of steroid-induced diabetes mellitus and congestive heart failure in cats given non-immunosuppressive doses of methylprednisolone acetate: 1042 cats », The Canadian Veterinary Journal, 2023, vol. 64, n° 11, p. 1051-1057
- Pope KV, Tun AE, McNeill CJ et coll., « Outcome and toxicity assessment of feline small cell lymphoma: 56 cases (2000-2010) », Veterinary Medicine and Science, 2015, vol. 1, n° 2, p. 51-62
- Nerhagen S, Moberg HL, Boge GS, Glanemann B, « Prednisolone-induced diabetes mellitus in the cat: a historical cohort », Journal of Feline Medicine and Surgery, 2021, vol. 23, n° 2, p. 175-180
- Cohn LA, DeClue AE, Cohen RL, Reinero CR, « Effects of fluticasone propionate dosage in an experimental model of feline asthma », Journal of Feline Medicine and Surgery, 2010, vol. 12, n° 2, p. 91-96
- ANSES-ANMV, résumé des caractéristiques du produit, « Atopica 100 mg/ml solution buvable pour chats et chiens », ciclosporine, AMM FR/V/6460644 4/2011 du 06/07/2011






Mon chat est décédé d’une surdose de corticoïde en deux jours, suite à une dose de ses médicaments par peur comme les asthmatiques après avoir donner son médicaments en 5min elle est décédé. J’avais remarqué une grosse perte de poids chez mon chat, il avait une maladie chronique, le nez encombré plus des crises d’éternuement. Est-ce que cette dose a pu provoquer son décès si rapidement ?
Je pense que votre chat avait le coryza et donc les corticoïdes peuvent soulager l’inflammation mais ne guérit pas l’infection… Il aurait fallu qu’il est un traitement antibiotique en parallèle. Je pense plutôt que votre chat est mort du coryza car quand vous avez voulu lui donner le cachet vu qu’il avait les voies respiratoires encombré il a paniqué car il n’arrivait pas a déglutir…
Mon chat se lèche et se gratte en permanence, du coup elle n’a presque plus de poils
Elle a un traitement anti puces et une alimentation pour chat allergique, mais sans effets positifs.
Seule la cortisone la soulage et quand elle en prend le poils repousse
Je ne sais plus quoi faire.
Peut être de la cortisone à vie ?
Bonjour mon chat est sous cortisone depuis plusieurs mois peuvent-ils développer une résistance à la cortisone et ses effets ?