L’histoire du chat japonais porte bonheur maneki neko

Françoise, auteure du blog Chat fait du bien

Publié par Chat fait du bien !

On 4 février 2020
Statuette de Maneki Neko, le chat japonais porte-bonheur à la patte levée

Le Maneki Neko, ce petit chat blanc à la patte levée que l’on croise à l’entrée des restaurants et des boutiques, est l’un des porte-bonheur les plus reconnaissables au monde. Il est japonais, pas chinois, et son histoire est mieux documentée qu’on ne le croit, même si elle garde des zones d’ombre assumées.

L’essentiel

  • Le Maneki Neko est japonais, pas chinois. Son nom, 招き猫, signifie « chat qui invite » ; sa diffusion via Hong Kong et Taïwan explique la confusion.
  • Les premières figurines de ce type remontent à l’époque d’Edo (1603-1868). Trois temples en revendiquent l’origine, Gotokuji, Saihoji et Jishoin, et les éléments manquent pour trancher.
  • La légende la mieux adossée est celle de Gotokuji et du seigneur Ii Naotaka (1590-1659), invité à entrer par un chat et sauvé d’un orage.
  • Le grelot des premiers modèles a cédé la place à une pièce de monnaie sous l’ère Meiji (1868-1912) : le porte-bonheur a changé de promesse en même temps que le pays.
  • Les correspondances patte gauche / patte droite et couleurs relèvent de la convention commerciale moderne, pas d’un code traditionnel : les sources se contredisent entre elles.
  • Le Japon lui consacre une journée, le 29 septembre, instituée en 1995.

Japonais et non chinois : une confusion tenace

C’est la première chose à remettre en place, parce que la confusion est partout. Le Maneki Neko est né au Japon. Son nom s’écrit 招き猫 et signifie littéralement « chat qui invite ». Il s’est ensuite diffusé dans les pays de culture chinoise, notamment via Hong Kong et Taïwan, ce qui explique qu’on le trouve aujourd’hui dans quantité de commerces chinois et qu’on le prenne souvent pour une figure chinoise. L’adoption est réelle, l’origine ne l’est pas.

Le geste lui-même est d’ailleurs une clé de lecture : la patte levée, paume vers l’avant et repliée vers le bas, correspond à la façon japonaise de faire signe à quelqu’un d’approcher. Vu avec des yeux européens, le chat semble saluer ; il invite.

Ce que l’on sait de ses origines, et ce que l’on ne sait pas

Les figurines de chat de ce type remontent à l’époque d’Edo (1603-1868), dans ce qui est aujourd’hui Tokyo, ou à une période légèrement antérieure. Au-delà de ce cadre, l’histoire se complique honnêtement : trois temples bouddhistes revendiquent l’origine du Maneki Neko, Gotokuji, Saihoji et Jishoin, et les éléments manquent pour départager leurs légendes. Le moment et le lieu où les versions en céramique ont commencé à être vendues restent également inconnus. On sait en revanche qu’en 1852, une estampe ukiyo-e représentait déjà un étal couvert de chats en figurine : à cette date, l’objet était donc devenu un commerce.

La légende la plus racontée est celle du temple Gotokuji, à Setagaya. Elle met en scène Ii Naotaka (1590-1659), seigneur du domaine de Hikone, qui passait devant le temple lorsqu’un chat lui fit signe d’entrer depuis le portail. Il s’abrita, et échappa ainsi à un violent orage. Reconnaissant, il fit du temple, alors en difficulté financière, le temple familial de son clan et le dota durablement. Gotokuji abrite aujourd’hui des centaines de figurines déposées par les visiteurs.

Une seconde légende, souvent racontée en français, met en scène une courtisane et son chat qui l’aurait sauvée d’un serpent au prix de sa vie. Elle circule largement, mais elle n’a pas le même adossement historique que celle de Gotokuji : mieux vaut la présenter pour ce qu’elle est, un récit populaire.

Le grelot, puis la pièce : ce que l’objet raconte de son époque

Le détail le plus parlant de son évolution est passé inaperçu de la plupart des descriptions. Les premiers Maneki Neko portaient un grelot au cou, comme un chat domestique choyé, et on leur prêtait simplement de porter chance. C’est plus tard, pendant la croissance économique de l’ère Meiji (1868-1912), que le grelot a cédé la place à une pièce de monnaie. Le porte-bonheur a changé de promesse en même temps que le pays : d’un bonheur diffus, on est passé à une prospérité chiffrée.

La patte, les couleurs : une convention commerciale, pas un code ancien

On lit partout que la patte gauche levée attire la clientèle et la droite l’argent, et que chaque couleur correspond à un souhait précis. Ces correspondances sont réellement en circulation et les fabricants s’en servent, mais il faut être honnête sur leur statut : elles relèvent de la convention commerciale moderne, pas d’un code traditionnel fixé. Les sources se contredisent d’ailleurs entre elles sur l’attribution gauche/droite, ce qui est en soi révélateur.

Ce que l’on peut dire sans se tromper : le modèle le plus répandu est blanc, souvent tricolore blanc, noir et roux, qui correspond à la robe du chat japonais traditionnel, le bobtail. Les déclinaisons dorée, noire, rouge ou rose sont plus récentes et associées par les vendeurs à la richesse, à la protection, à la santé et à l’amour. Si vous en choisissez un, prenez celui qui vous plaît : c’est le seul critère qui ne repose sur aucune approximation.

VarianteCe que les vendeurs lui associentStatut
Patte gauche levéeAttirer la clientèleConvention récente. Les sources se contredisent sur l’attribution gauche/droite
Patte droite levéeAttirer l’argentConvention récente, même réserve
Blanc, souvent tricolore blanc, noir et rouxLe modèle de référenceLe seul élément ancien de la liste : c’est la robe du chat japonais traditionnel
DoréRichesseDéclinaison récente
NoirProtectionDéclinaison récente
RougeSantéDéclinaison récente
RoseAmourDéclinaison récente

Le 29 septembre, le jour du Maneki Neko

Le Japon lui consacre une journée, le 29 septembre. Elle a été instituée en 1995 par une association de passionnés, et la date tient à un jeu de mots typiquement japonais : 9, 2 et 9 peuvent se lire ku-fu-ku, qui fait écho à fuku, la bonne fortune. Ce jour-là, des commerces renouvellent ou repositionnent leur figurine, et les temples reçoivent davantage d’offrandes.

Le chat, une figure familière au Japon

Le Maneki Neko ne sort pas de nulle part : il appartient à une culture où le chat occupe une place à part, des bars à chats de Tokyo aux îles entièrement peuplées de félins. Le porte-bonheur est la forme la plus exportée de cet attachement, il n’en est pas la seule.

Cette lecture du chat comme signe favorable n’est d’ailleurs pas propre au Japon. Dans d’autres traditions, c’est le chat vivant lui-même qui est interprété comme un présage : nous avons rassemblé ces lectures dans notre page sur la visite spontanée d’un chat chez vous. Et si c’est le symbolisme des robes qui vous intéresse, voyez ce que l’on prête au chat roux.

Questions fréquentes

Le Maneki Neko est-il japonais ou chinois ?

Il est japonais. Son nom, 招き猫, signifie « chat qui invite » et les premières figurines de ce type remontent à l’époque d’Edo, dans la région de Tokyo. Il s’est ensuite largement diffusé dans les pays de culture chinoise via Hong Kong et Taïwan, ce qui explique la confusion, mais son origine n’y est pas.

Que signifie sa patte levée ?

Le geste reproduit la façon japonaise d’inviter quelqu’un à approcher, paume vers l’avant et repliée vers le bas. Quant à la distinction entre patte gauche et patte droite, elle est très répandue chez les vendeurs mais les sources se contredisent sur son sens : c’est une convention commerciale moderne, pas un code traditionnel établi.

D’où vient la légende du Maneki Neko ?

Trois temples bouddhistes en revendiquent l’origine, Gotokuji, Saihoji et Jishoin, et les éléments manquent pour trancher. La version la plus racontée est celle de Gotokuji, où le seigneur Ii Naotaka (1590-1659), invité à entrer par un chat, échappa à un orage violent et dota le temple en remerciement.

Pourquoi certains portent un grelot et d’autres une pièce ?

C’est une évolution datée. Les premiers Maneki Neko portaient un grelot au cou et promettaient simplement la chance. La pièce de monnaie l’a remplacé pendant l’ère Meiji (1868-1912), au moment de la croissance économique du pays : le porte-bonheur est passé d’un bonheur général à une prospérité matérielle.

Y a-t-il une journée du Maneki Neko ?

Oui, le 29 septembre au Japon. La date a été instituée en 1995 par une association de passionnés, à partir d’un jeu de mots sur les chiffres 9-2-9, qui peuvent se lire ku-fu-ku et évoquent fuku, la bonne fortune.

Sources

Françoise

Françoise

Passionnée des animaux

Amoureuse inconditionnelle des chats et des animaux en général. Depuis plusieurs années, je vous partage ma passion et mes connaissances à travers ce blog dédié à nos amis félins.

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